Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que la programation complète des SALC.
Programmation complète des SALC : https://www.semainesameriquelatinecaraibes.fr/-Le-calendrier-
El Café Latino (ECL): Bonjour. Aujourd’hui, El Café Latino a le plaisir de s’entretenir avec une figure centrale de la promotion des échanges entre la France et l’Amérique Latine. En effet, à l’occasion de la 12e édition de la Semaine de l’Amérique Latine et des Caraïbes (SALC), nous accueillons l’architecte qui se cache derrière cet événement unique en son genre, devenu incontournable dans le paysage culturel français. Sous sa direction, cette manifestation s’est progressivement imposée comme un temps fort de la diplomatie française, puisque je rappelle que la France est le seul pays au monde à mettre à l’honneur l’Amérique Latine et les Caraïbes, pendant deux semaines. C’est également la seule région du monde qui est célébrée en France avec une telle ampleur. Bienvenue à M. Philippe Bastelica, Ambassadeur et Secrétaire Général des SALC. Un immense merci d’être là avec nous.
M. Philippe Bastelica (PB) : Merci à vous pour votre invitation.
ECL : Bon c’est parti ! Nous sommes passés d’une journée de célébration du bicentenaire des guerres d’indépendance en Amérique Latine, à aujourd’hui plus de deux semaines de festivités avec des milliers d’événements partout en France, en Amérique Latine et dans les Caraïbes et des centaines de milliers de participants. Comment avez-vous vécu cette évolution et quel a été votre rôle dans le rayonnement de cette manifestation ?
PB : Mon rôle a été tout d’abord de mettre en place cette manifestation, j’ai eu le privilège de me trouver au moment où la France a décidé de consacrer une manifestation dédiée à la relation qu’elle entretient avec l’Amérique Latine et les Caraïbes. Les contours de cette célébration n’étaient pas complètement pensés depuis l’origine mais elle avait la volonté, c’était clair, de faire en sorte que les relations particulières que la France entretient avec cette partie du monde soient mises en valeur.
Il y a donc eu un travail de réflexion sur la forme que pouvait prendre cette célébration, puis ensuite un travail de conviction pour faire en sorte que des partenaires viennent se prêter au jeu et contribuer à ces rencontres. Je mentirais si je disais que ça a été facile dès le début, il y a eu parfois un peu d’hésitation, pour dire les choses avec des termes choisis. Comme toujours, quand on créer quelque chose de nouveau, en particulier de la part de partenaires institutionnels qui naturellement sont sollicités sans cesse pour quantités de raisons, ils ont besoin de savoir où ils vont avant de s’engager.
Ce qui m’a frappé dès l’origine, c’est l’engagement très enthousiaste de la société civile et ce, depuis la 1ère édition en 2014. J’ai vu des artistes qui étaient prêts à donner de leur temps, de leur talent, à jouer sans demander de cachet devant leur public, pour donner corps à cette fête des relations entre la France, l’Amérique Latine et les Caraïbes. De la même manière, quantités d’universitaires se sont mobilisés pour organiser des débats sur les sujets les plus divers. C’est comme ça que la Semaine de l’Amérique Latine et des Caraïbes est née (à l’époque on employait le singulier).
Au fil des années, l’initiative a pris de l’ampleur et nous avons pu progresser sur les différents axes qui m’avaient été assignés, à savoir : faire en sorte que cette manifestation intéresse le public le plus large, pas seulement diplomatique ou institutionnel ; faire en sorte que cela se déroule dans toute la France et pas seulement dans la capitale ; et faire en sorte que cette Semaine s’exporte également en Amérique Latine et aux Caraïbes et qu’il puisse y avoir là-bas un écho de ce que nous faisions en France entre la fin du mois de mai et début juin.
ECL : Selon vous, quels ont été les moments clés dans les éditions précédentes ?
PB : Pour moi il y en a trois. La première édition qui a été le moment fondateur, que j’ai rappelé il y a un instant, quand on m’a donné ces objectifs que je mentionnais, sans avoir de budget pour les réaliser donc c’était une question avant tout de conviction et d’enthousiasme de mes interlocuteurs.
Une deuxième édition marquante a été celle de 2019, parce qu’elle a été l’occasion de trois évolutions importantes : la 1ère est une évolution quantitative, si je me souviens bien, nous avons triplé le nombre d’événements en 2019 par rapport à l’année précédente. La 2e évolution a été le succès de la démarche de décentralisation, qui avait été fixée comme un objectif dès l’origine et, en 2019, pour la première fois le rapport entre Paris et la province s’est inversé. En 2018, on avait encore 2/3 des activités qui se déroulaient à Paris, en 2019, pour la première fois, on avait 60 % des événements inscrits au programme qui se déroulaient en province. Et la 3e évolution marquante cette année-là a été l’amorce de l’exportation vers l’Amérique Latine du programme des Semaines, i. e. on a eu pour la première fois des activités significatives organisées sur le continent américain. La troisième édition marquante, chaque année c’est la prochaine ! Justement la prochaine approche, puisqu’elle aura lieu du 22 mai au 8 juin 2025.
ECL : C’est incroyable. Merci beaucoup pour votre réponse. Dans cette édition 2025, y a-t’il une thématique, un fil conducteur différent ?
PB : La question a été débattue à plusieurs reprises et nous avons fait le choix de ne pas avoir de thème ni de pays en vedette. Pourquoi ? Parce que ces Semaines sont le résultat d’un dialogue, d’une coopération avec des centaines de partenaires, dont certains sont des institutions reconnues, prestigieuses, qui ont des moyens humains et budgétaires importants, qui ont une reconnaissance considérable. Ce sont des institutions nationales, comme le Sénat ou l’Assemblée Nationale, ce sont des organisations internationales comme l’OCDE, dont le Centre de développement est un partenaire régulier et central de ces Semaines, mais ce sont aussi des centaines d’associations, dont certaines sont toutes petites et dépourvues de moyens et ce serait les mettre dans une position difficile que de leur imposer un cahier des charges qui soit trop contraignant. Nous avons donc choisi un parti pris d’ouverture, de telle sorte que tous ceux qui ont envie de s’investir dans ces Semaines se sentent à leur place et à leur aise dans le programme des Semaines. Pour cela ils sont admis à présenter des activités sur les sujets dont ils se sentent le plus proche et ça permet de maximiser la participation et de faire en sorte que ces Semaines soient aussi un lieu de rencontre entre tous les acteurs sur le territoire français en particulier de la relation entre la France, l’Amérique Latine et les Caraïbes.
Il en va de même de l’idée d’un pays invité, nous savons que les états d’Amérique Latine ont des ressources très différentes, les uns des autres, à consacrer à leur promotion culturelle, touristique etc. Le fait d’avoir une pratique comme celle d’inviter un pays chaque année se heurterait à cet obstacle, tous ne sont pas en mesure de participer au même niveau. Mais de fait, chaque année, il y a aussi des lignes qui se dégagent ex-post : l’an dernier par exemple, il y avait le Festival de l’Histoire de l’Art qui se déroulait à Fontainebleau avec plusieurs dizaines d’événements concernant le Mexique, de ce fait le Mexique apparaissait sans qu’on l’ait prémédité comme un pays un peu central dans le programme des SALC.
ECL : Merci beaucoup. À votre avis, quels sont les objectifs institutionnels de la France pour cet événement ?
PB : C’est de mettre en valeur les relations de tous ordres qui existent entre la France, l’Amérique Latine et les Caraïbes. Ces relations sont en partie connues, mais ce que j’ai constaté à travers mon expérience en étant Ambassadeur dans d’autres pays d’Amérique latine, c’est que ces relations sont encore bien plus nombreuses et plus riches qu’on ne l’imagine. Ce que je découvre aussi en France, c’est qu’il y a beaucoup d’experts centrés sur un pays d’Amérique latine ou un secteur particulier : par exemple, un expert de l’Argentine est au courant de ce qu’il se passe entre la France et l’Argentine mais ignore souvent ce qu’il existe entre la France et le Brésil ou entre la France et la Colombie.
Quand il s’agit d’art plastique, ils connaissent bien les liens qui existent entre les plasticiens latinoaméricains et français, mais ils sont bien souvent ignorants, et c’est normal, des relations économiques et scientifiques qui nous unissent. Le premier axe est de mettre en valeur ces relations. Le deuxième axe est de permettre au public français de mieux connaitre l’Amérique Latine et les Caraïbes afin de pouvoir s’y intéresser davantage et de pouvoir s’investir dans cette relation. L’objectif est donc de partir d’une relation qui est déjà très riche et de la faire connaître en espérant qu’elle pourra se développer encore davantage dans les années et décennies qui arrivent.
ECL : C’est donc de cette façon que les SALC s’inscrivent dans la politique diplomatique et culturelle française.
PB : Oui, effectivement c’est un peu la même idée, sachant qu’il faut avoir à l’esprit que les relations entre la France et l’Amérique Latine se sont tissées tout au long d’une période très longue. On cite souvent le rôle que les idées des Lumières, telles qu’elles se sont exprimées et développées en France, ont joué dans le processus des indépendances en Amérique Latine. Ce phénomène s’est poursuivi tout au long de notre histoire commune, en particulier dans les moments où l’un ou l’autre des partenaires traversait des heures difficiles. Par exemple, pendant la 2e guerre mondiale, les Français, en particulier la France Libre (ceux qui se battaient pour que les forces de liberté l’emportent en France et en Europe), ont reçu asile et un accueil généreux en Amérique Latine. En retour, lorsque plusieurs pays d’Amérique Latine ont traversé des dictatures parfois très sévères, nombre de ressortissants de ces pays ont pris le chemin de la France et y ont été accueillis ce qui a tissé des relations très étroites qui durent encore aujourd’hui.
Encore une fois, il faut être conscient de ce passé qui nous rapproche, mais d’abord regarder vers l’avenir. L’idée est de faire en sorte que demain ces relations, dans des circonstances qu’il faut espérer moins tragiques, puissent de nouveau se perpétuer et nous permettent d’entretenir des relations qui soient mutuellement profitables. J’ajoute que nous vivons dans un monde compliqué, traversé par une violence qui parfois se déchaîne, par des fractures de plus en plus profondes, nous sommes aussi confrontés à des défis redoutables que nous ne pourrons relever que si nous les affrontons ensemble. Je pense au défi du changement climatique, à la préservation de l’environnement et des océans, etc… Tout cela, nous ne saurons y faire face que si nous trouvons des rapprochements entre peuples de bonne volonté, notamment sur la scène multilatérale, pour travailler ensemble, trouver et mettre en œuvre des solutions. C’est aussi l’enjeu d’une relation que nous voulons plus étroite entre la France, l’Amérique Latine et les Caraïbes.
Pardon d’être un peu long, mais c’est le reflet de la profondeur et de la richesse de nos relations. J’ajoute que la France a un intérêt supplémentaire vis-à-vis de l’Amérique Latine et des Caraïbes, c’est qu’elle est un pays de la région à travers les collectivités françaises des Antilles et de Guyane. N’oublions pas que la plus longue frontière terrestre de la France, c’est celle qui existe entre elle et le Brésil.
ECL : Merci beaucoup. Entrons un peu plus dans le sujet. Au-delà de la dimension culturelle, quel est pour vous l’impact concret de la SALC concernant la place de l’économie ?
PB : Alors merci de poser cette question, car lorsqu’on regarde le programme de la SALC, on peut être frappé par le grand nombre d’événements de nature culturelle ou parfois festive, la fête aussi partie de la culture. Néanmoins, l’économie constitue un thème tout à fait central des Semaines, qui se traduit par moins d’événements, mais par des événements d’une grande importance.
Comme exemple d’activité liée à l’économie, il y a chaque année, un forum économique international, organisé par le Centre de développement de l’OCDE avec l’Agence Française de Développement et la Banque Interaméricaine de Développement. Cette année il aura lieu le 2 juin et portera sur le financement des investissements durables et innovants.
Il y a chaque année, plusieurs événements extrêmement importants, par la qualité des participants qu’ils réunissent et par la richesse de leur contenu, qui ont pour objectif de mettre en valeur la dimension économique de nos relations avec l’Amérique Latine et les Caraïbes. C’est important parce que nos échanges sont déjà très riches, la France est un des grands investisseurs étrangers en Amérique Latine, les entreprises françaises dans plusieurs pays sont le 1er employeur étranger dans ces pays. Ce sont des relations importantes qui peuvent encore être développées et les Semaines de l’Amérique Latine et des Caraïbes doivent être l’occasion de montrer aux acteurs économiques français, l’intérêt qui existe de s’intéresser davantage à cette partie du monde.
ECL : Dans un contexte géopolitique en évolution constante, comment envisagez-vous de transformer les SALC pour qu’elles deviennent un véritable catalyseur de partenariats stratégiques entre la France et cette zone du monde. Au-delà de la séparation culturelle, il y a la transition écologique, l’innovation technologique et les industries créatives. Qu’est-ce que vous pensez de cela ?
PB : Eh bien, je ne sais pas s’il est indispensable de transformer les SALC pour atteindre cet objectif. S’il faut passer par là, je suis sûr qu’on le fera. Mais d’ores et déjà, les sujets que vous évoquez sont l’occasion d’échanges de grande qualité dans le cadre même du programme des Semaines. Les industries culturelles et créatives ont été l’objet d’un séminaire organisé il y a quelques années par le ministère de la Culture dans le cadre des SALC.
J’évoquais le financement des investissements durables il y a un instant, mais cette année il y aura un événement majeur qui sera la réunion à Paris du 2 au 4 juin du congrès du CEISAL (le Conseil Européen pour la recherche en Sciences sociales de l’Amérique Latine), i.e. plus d’un millier de chercheurs vont converger à Paris, à l’invitation de la Sorbonne Nouvelle, pour traiter de la justice sociale, environnementale et climatique en Amérique Latine et les Caraïbes. C’est vous dire que les enjeux de développement durable sont au cœur des activités des Semaines. D’ailleurs il y a également chaque année un important colloque organisé par l’Institut des Amériques avec la Fondation EULA, l’Agence Française du Développement en soutien avec le Ministère des affaires étrangères et cette année ce colloque portera sur un sujet lié au congrès du CEISAL, puisqu’il s’agit des stratégies internationales et de la justice environnementale entre l’Europe, l’Amérique Latine et les Caraïbes.
Donc, je ne prends que ces quelques exemples, mais si vous regardez attentivement le programme de chacune des éditions des Semaines passées, vous verrez qu’à chaque fois il y a des rencontres importantes sur ce type de thèmes, précisément parce que nous avons à cœur de favoriser un rapprochement aussi grand que possible sur ces grands thèmes d’intérêts communs qui exigent que nous unissions nos forces pour agir de manière concertée.
ECL : Comment mesurez-vous le succès de l’événement et quels retours vous ont le plus marqué ? Ceux qui viennent du public français ou des communautés latinoaméricaines ?
PB : Je ne distingue pas les deux, pour moi les communautés latinoaméricaines qui vivent en France font partie du public français, voilà une première réponse. Voir côte à côte des latinoaméricains de France et d’autres français fréquenter les mêmes événements liés au dialogue entre nos pays, c’est déjà une très grande satisfaction. Mais ce qui me touche le plus, c‘est de voir chaque année des partenaires qui se sont dépensés sans compter pour apporter leur pierre à cet édifice, de manière totalement bénévole et sans recevoir aucune aide de notre part, qui ont dépensé du temps et des ressources pour réaliser des événement qui sont inscrits au programme des Semaines, naturellement j’éprouve vis à vis de ces partenaires une très grande gratitude. D’ailleurs, je profite de notre rencontre pour les remercier à travers vous.
Et pourtant, bien souvent ce sont eux qui m’adressent des remerciements en me disant que c’était pour eux l’occasion de rencontrer de nouveaux partenaires, de nouveaux acteurs qui agissent sur des voies parallèles aux leurs.
C’est la plus grande récompense que de ressentir l’utilité de ce que nous entreprenons tous ensemble pour faire en sorte que cette relation entre la France, l’Amérique Latine et les Caraïbes soit plus structurée, plus construite et que, de ce fait, elle soit plus féconde.
ECL : Vous dites que pour vous, il n’y a pas de différence entre les Latinoaméricains et les Français. Vous avez été ambassadeur au Guatemala et en Uruguay, après avoir coordonné cet événement magnifique, est-ce que vous pensez que les Français ont réellement tissé des liens plus forts et se sont éloignés de leur éthique. Qu’est-ce que vous en pensez ?
PB : Moi, je ne crois pas beaucoup que les stéréotypes dominent la vision que les Français ont de l’Amérique Latine. Je ne dis pas que tous les Français connaissent l’Amérique Latine ou s’y intéressent, ce serait absurde de le prétendre et ce serait surprenant, mais en même temps, il faut rétablir une vérité.
Les latinoaméricains ont à l’esprit, j’en ai fait l’expérience sur place ou en voyageant en Amérique Latine, que la France est très présente dans les références de nombreux peuples et de nombreux pays latinoaméricains mais parfois ils ont l’impression que la France est moins attentive à l’Amérique Latine qu’ils ne le sont à la France. Je crois que ces SALC démontrent le contraire et elles nous rappellent que le public français est avide de littérature latinoaméricaine et à mon avis si nombre d’écrivains latinoaméricains ont choisi pendant un temps de vivre en France, parfois d’y reposer pour leur dernière demeure, ça n’est pas par masochisme, c’est parce qu’ils ont trouvé en France un public qui les aimait, qui les appréciait.
Il en est de même pour la musique latinoaméricaine, pour le cinéma latinoaméricain ; il faut savoir que le public français est le meilleur public étranger pour le cinéma latinoaméricain, en dehors de la région. Et d’ailleurs, très souvent, des producteurs français ou des organismes français produisent ou coproduisent des films latinoaméricains. C’est dire que cette relation que nous entretenons avec l’Amérique Latine n’est pas un mythe, pas un mirage, c’est une réalité et les SALC se bornent à vouloir mettre en évidence cette réalité pour que personne ne l’ignore.
ECL : Si vous deviez projeter les SALC dans dix ans, à quoi ça ressemblerait Monsieur l’Ambassadeur, que voudriez-vous voir dans dix ans ?
PB : Aujourd’hui, plus d’une soixantaine de villes participent aux SALC sur le territoire français, dans toutes les régions, j’aimerais que dans dix ans il y en ait 35 000. Je ne suis pas sûr que ça sera le cas, mais ce que je souhaite c’est que le mouvement de décentralisation se poursuive, car c’est le gage d’un enracinement profond dans la société française et c’est la manière la plus sûre de faire en sorte que cet événement s’enrichisse de sensibilités nouvelles, d’expériences différentes. Voilà quelque chose que j’aimerais voir effectivement dans l’avenir.
J’aimerais aussi voir se développer une évolution marquante qui interviendra cette année à travers la participation encore plus active de la Maison de l’Amérique Latine dans les SALC, avec un forum qui aura lieu du 23 au 25 mai qui s’appellera « l’Amérique Latine partout » et qui comportera des moments de débats d’idées, avec une journée entière de tables rondes sur des sujets très divers et puis une journée plus festive avec des activités culturelles et une librairie éphémère, l’occasion de voir à quel point les français aiment la littérature latinoaméricaine. Il y aura aussi la présence de la gastronomie latinoaméricaine et ça c’est une évolution très bienvenue dont je souhaite qu’elle fasse date et se développe. Elle dispose d’un parrain prestigieux, puisque le Président de la République a fait référence à ce forum dans le discours qu’il a prononcé le 21 novembre dernier devant le Congrès chilien à Valparaiso et voilà un gage de succès pour l’avenir.
ECL : Merci Monsieur l’Ambassadeur. Pour conclure, quel message principal souhaitez-vous que le public retienne de cette immersion ?
PB : Ce n’est pas nécessairement un message unique parce que ce serait probablement vouloir ramener à un seul objet une manifestation qui par son contenu est extrêmement riche et diverse. Mais au fond, s’il y avait un message ce serait celui de l’importance de mieux se connaitre d’un continent à l’autre, c’est une vérité universelle qui n’est pas propre à l’Amérique Latine et à ses relations avec la France, mais ce que la relation entre la France et l’Amérique Latine et les Caraïbes a de particulier, c’est néanmoins qu’il existe entre nous une proximité qui rend cet échange spontanément fécond.
D’une certaine manière, nous sommes assez semblables pour nous comprendre facilement, nous partageons des valeurs qui sont largement communes et en même temps nous sommes assez différents pour apprendre les uns des autres et je crois que cette dialectique entre ressemblance et différence est peut-être ce qui doit nous guider dans cette relation si riche entre la France, l’Amérique Latine et les Caraïbes.
ECL : Ce sera notre conclusion. Encore un immense merci M. Bastelica de nous avoir donné toutes ces réponses éclairantes.
J’en profite également pour remercier 1clap qui est le studio qui nous a permis de faire cette interview ainsi que notre partenaire, l’association Reli.
Merci à toutes et à tous de nous avoir écouté et à bientôt !
