Bonjour, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour, et merci de m’avoir invité à la radio Lit&Jazz, quelque chose qui me correspond bien puisque le Jazz est une de mes musiques préférées. Je suis Román Gómez, éditeur du magazine El Café Latino à Paris, un magazine bilingue qui tente de montrer la culture latinoaméricaine aux européens et de servir de moyen de communication entre les latinos.

Comment est la présence de El Café Latino (ECL) sur les réseaux sociaux?

Et comment visualises-tu ECL d’ici cinq ans ?

En effet, la présence de El Café Latino sur les réseaux est très permanente, très interactive, presque quotidienne actuellement que ce soit sur Facebook, Instagram, nous sommes en train de commencer YouTube aussi. La présence est donc assez permanente. Le site internet aussi, nous l’avons complètement changé. Avant, nous l’utilisions uniquement pour publier le magazine et maintenant nous exposons de nouveaux articles en permanence, environ trois ou quatre par semaine. Les gens peuvent y accéder tous les jours et trouver du nouveau contenu dans le magazine.

Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)
Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)

En ce qui concerne la question “comment visualises-tu El Café Latino dans cinq ans?”… Ce n’est pas notre but, mais un idéal ; dans cinq ans ce que nous aimerions c’est que n’importe quelle personne, d’Amérique latine ou de France, se réveille le matin et consulte un journal pour voir ce qu’il se passe dans le monde latino, et se rende alors sur elcafelatino.org pour s’informer tous les jours. C’est un objectif de croissance, peu à peu, il s’agit d’un idéal mais je pense que nous allons l’atteindre, avec l’enthousiasme que nous continuons tous à avoir après tant d’années. Nous espérons pouvoir continuer à travailler aux côtés de Lit&Jazz.

Quand est apparue l’idée de El Café Latino ? Et pourquoi ce nom ?

Le nom du magazine El Café Latino est apparu… Avant, nous avions déjà un magazine en Colombie qui s’appelait El Café. Excepté que ce soit un produit typique de plusieurs pays latinoaméricains, le café c’est aussi le lieu où l’on raconte des blagues, on fait des réunions, des engagements, des affaires. C’est un endroit ouvert à la discussion, il peut symboliser une salle ouverte remplie de nouvelles idées. En ce qui concerne l’adjectif latino nous l’avons ajouté à notre nom puisque nous voulons raconter quelque chose de notre histoire qui a été si peu exprimée et que les gens connaissent à peine.

Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)

Comment furent tes premiers pas lors de la création du magazine ? 

Quelles difficultés et quels soutiens as-tu rencontrés avec ton équipe ?

Au début comme dans toutes les entreprises, les problèmes qu’il y a eu étaient liés à un manque d’argent, ou alors il fallait s’endetter, et il s’agissait de la seule chose que nous ne voulions pas faire. Aller à la banque, demander un prêt, risquer des choses alors que nous ne savions pas comment ça allait tourner. Alors nous avons commencé à publier le magazine lorsque nous arrivions à avoir des annonceurs. Le magazine est gratuit, sur internet et sur papier, et vit des partenaires qui veulent bien mettre des annonces dans notre magazine. Dans le passé, lorsque nous arrivions à collecter de l’argent pour couvrir tous les frais, payer l’impression, le maquettiste, la distribution, nous sortions un numéro. Pas avant, parce que nous ne voulions pas être endettés. Et c’est ainsi que ça s’est passé… Nous avons gagné un peu d’argent, mais nous nous sommes maintenus comme ça, dans un point d’équilibre, dans une certaine tranquillité. Cela a changé au fil du temps, ça s’est amélioré. Malheureusement ça a empiré avec le COVID… Les gens lisent de moins en moins sur papier, le web prend le dessus. Il y a beaucoup de changements, chaque mois la situation économique peut changer. 

Mais il existait aussi un manque de connaissances des français sur les latinos. Les gens m’encourageaient pour tout ce que je faisais mais le soutien arrive comme une tapette dans le dos, c’est la même chose dans toutes les ambassades ; elles sont très contentes du développement et de l’avancée du projet mais comme le magazine n’est ni chilien, ni colombien, ni cubain, ni français, ni mexicain, ni originaire d’un pays en particulier, aucun pays ne lui apporte son soutien. Et comme le magazine veut être latino, ça a été un des problèmes disons idéologiques pour aller vers le public, ça nous a demandé beaucoup de travail, en allant de porte à porte pour nous faire connaître et tout ça. 

Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)

Nous avons bénéficié rapidement d’une aide du côté des compagnies aériennes, puisqu’il n’existait aucun magazine qui soit vraiment bilingue français – espagnol, alors cela nous a ouvert beaucoup de portes. Par exemple, les entreprises de tourisme me disaient qu’elles n’en connaissaient pas, tout devait faire référence à l’Espagne : les exemples, les sujets traités…etc. Il s’est produit le même phénomène dans les écoles de langue, tout se faisait avec l’Espagne. Les écoles de tourisme disaient aussi “nous devions enseigner tout à travers l’Espagne. Maintenant avec ce magazine, un monde s’ouvre à nous”. Parce qu’ils peuvent montrer tout un continent, 25 ou 30 pays, de 600 millions de personnes, un continent géographique énorme, contenant des mers, des montagnes, des rivières, des forêts, des gens différents, de la musique, de la nourriture… Tout ce que vous voudrez montrer, donc le monde s’est ouvert pour tous. 

Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)
Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)
Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)

Je pense que nous contribuons à réveiller chez les gens l’envie de connaître l’Amérique latine. Ça a été notre plus grand atout, que nous conservons toujours aujourd’hui, et qui nous a ouvert les portes. En laissant de côté ce que nous avons évoqué avant, l’argent ou le manque de moyen, qui comme dans toutes les entreprises s’en va et revient,  il y a des difficultés… Mais c’est cela qui nous a ouvert la porte ; cette conviction que nous sommes un seul continent, avec une seule histoire, avec les mêmes problèmes, et probablement avec les mêmes solutions. Bon, et le fait d’essayer d’unifier les latinos, de nous faire connaître, avant en faisant du porte à porte, et maintenant en reçevant des appels de festivals, de salons de livres, du Ministère des Affaires Etrangères, … de beaucoup de choses, qui nous font du bien, qui nous font voir que le travail effectué a valu le coup. Donc voilà, les premiers pas se sont un peu déroulés de cette façon.

Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)
Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)
Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)

Pourquoi avoir choisi de publier le contenu en deux langues ?

Existe-t-il des thèmes que vous essayez d’éviter ? Pour quelle raison ?

Avez-vous des thèmes préférés?

Le contenu est en deux langues parce que cela semble logique. Si nous avions choisi de publier seulement en espagnol, nous serions en train de nous limiter à une communauté latine. Si nous avions choisi juste le français, comme l’ont fait certains magazines, nous nous limiterions à une communauté française et ceux qui parlent bien le français. Nous étions en train d’exclure l’un des deux. Si nous prenons les deux, nous arrivons à inclure tout le monde. Nous pouvons publier en Amérique latine en espagnol, nous pouvons publier en français en France, pour toute personne qui habite ici, même pour un japonais qui sait lire le français. Alors ce choix a été un autre de nos succès, le fait d’être capable d’intégrer tout le monde, de n’être limité par rien. Nous sommes en train de diffuser la langue française, ce qui plait beaucoup à l’Etat français, et nous sommes également en train de diffuser l’espagnol dans le monde. Et un français qui veut aller vivre là-bas, ou partir en voyage, trouvera une source d’information qui répondra à ces besoins. Voilà la raison pour les deux langues.

Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)

Concernant les thèmes que nous évitons, ou si nous avons des préférences pour un sujet en particulier, et bien nous préférons tout ce qui réveille l’envie de connaître l’Amérique latine: son histoire, sa culture, son idéologie, sa musique, tout… Nous avons une préférence spécifique pour la période précolombienne, car notre histoire a été un peu effacée. Donc nous aimons raconter tout ce qui s’est passé avant l’arrivée de Colomb et ses accompagnants. C’est une histoire qui est très cachée pour nous-mêmes les latinos, donc nous essayons de la faire ressortir, de la présenter, et de montrer ainsi au monde qu’il existe d’autres manières de vivre.

Des thèmes que nous évitons généralement, il n’y en a pas vraiment, à moins qu’ils soient très politiques ou religieux. La seule chose que nous n’avons pas encore faite c’est la poésie, parce qu’il est difficile de dire de quelqu’un que sa prose est très bien, il s’agit de quelque chose de subjectif… En effet, si cette personne l’a écrite sur le moment, c’est quelque chose de réelle qu’il ou elle a senti. C’est donc la seule chose à laquelle nous n’avons jamais touché. Ou peut-être en guise d’accompagnement d’un article, mais sinon nous n’avons jamais publié de poésie. Peut-être parce que je l’apprécie beaucoup, donc je la respecte et je ne me permets pas de la juger.

Interview avec Román Gómez, éditeur de El Café Latino (Lit&Jazz radio)

Quel est le public de ECL ?

Combien d’exemplaires sont distribués? Dans quelle zone géographique ?

Est-ce que vous publiez sur d’autres supports ?

Nous éditons 17 000 exemplaires de El café latino lors de chaque parution du magazine, ceci sur papier. Nous avons 10 000 adresses mails, donc nous les envoyons également par internet. Les exemplaires papier nous les distribuons à 80% à Paris, dans plus de 150 sites physiques. Il partent dans d’autres villes de France aussi, comme Amiens, Lille, Bordeaux, Lyon, Marseille. En Espagne, nous distribuons des petites quantités, et nous sommes également arrivés jusqu’au Canada et aux États-Unis, ainsi qu’en Suisse et en Belgique. Le point fort c’est la France et Paris pour le moment, mais nous sommes en train de chercher d’autres pistes, avec les changements qu’adoptent le monde aujourd’hui, avec internet, nous sommes en train de nous agrandir énormément. Nous avons une grande quantité d’adresses mails en Amérique latine et dans le monde. Et voilà pour la question sur notre distribution géographique.

Questions posées par FERNANDO BLASCO, responsable de la radio Lit&Jazz

Réponses données par ROMÁN GÓMEZ, éditeur du magazine El Café Latino (ECL)

El Café Latino

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