Lorsque le vendeur est la Banque de France et que le prix s’élève à 100 millions d’euros, on comprend qu’il est « presque » impossible de l’empêcher. Les intérêts économiques sont immenses et les futurs acquéreurs font déjà des propositions invraisemblables.
Nous, Latino-Américains, quand nous franchissons le seuil de la MAL
(« Maison de l’Amérique latine »), nous nous sentons comme chez nous. Nous nous laissons envelopper par cette atmosphère parisienne tout en sachant que nous y venons pour exprimer notre culture latino-américaine à travers des conférences, des expositions, des projections de films et diverses activités.
Cette Maison est une demeure dans le plus pur style français du XVIIIe siècle , avec ses salons décorés et son mobilier d’époque. On y vient pour admirer les expositions dans le vaste sous-sol qui leur est dédié ; dans les couloirs, on trouve des vitrines exposant des livres publiés par ou avec le concours de la Maison, des salles de conférence, des auditoriums pour le cinéma, le théâtre ou les colloques, son restaurant, ainsi que ses jardins qui servent à la fois de lieu de détente et d’espace d’exposition. La MAL, c’est la crème de la crème de la France, ou plutôt de Paris. C’est le lieu où tous les Latino-Américains ont le sentiment de partager une même Patrie.
En vendant cette Maison, c’est un morceau de notre âme binationale qu’on nous arrache. On nous laisse orphelins, car c’est aussi là que nous nous sentons plus Français que nulle part ailleurs.
Tous les projets culturels latino-américains nés en France y sont présentés, qu’ils émanent de différentes ambassades, d’associations, du gouvernement français ou d’un Français retraçant son expérience en Amérique latine.
Que dire de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes, créée par le ministère des Affaires étrangères il y a 14 ans ? Même si cette initiative n’a pas pris naissance à la MAL, elle y trouve son véritable moteur : à la MAL, c’est la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes toute l’année.
Ici, le magazine El Café Latino y est distribué depuis son tout premier numéro. Nous avons souvent cheminé ensemble en promouvant ses expositions et ses conférences, partageant une voie parallèle aux idéaux de sa fondation. Les contacts que nous y avons noués sont inestimables, et nous lui sommes reconnaissants, sachant combien il est difficile d’obtenir l’autorisation d’y être diffusé.
Que pouvons-nous faire pour éviter que la MAL ne disparaisse ? Nous avons posé la question à Jean-Marc Laforêt, Président de la MAL, institution fondée en 1946 sur décision du général de Gaulle.
Pour commencer, il nous demande de signer la pétition ci-jointe.
Pétition · La Maison de l’Amérique latine ne doit pas disparaître ! – France · Change.org
