La récente visite du président français Emmanuel Macron a renforcé sans aucun doute les bonnes relations entre les deux pays, ce qui s’est manifesté par la signature d’accords dans différents domaines, tandis que dans le domaine culturel on distingue deux : l’échange des codex préhispaniques : le codex Azcatitlán au Mexique et le codex Boturini en France, et dans la 54° edición du Festival International Cervantino (FIC), qui se déroule en Guanajuato, la France sera le pays invité d’honneur pour l’année 2026. Il est important de souligner que ce festival est le plus important de la région de l’Amérique latine et des Caraïbes.
Nous sommes en train d’aborder sur l’échange de Codex, mais… C’est quoi un codex ? Ce sont des manuscrits pictographiques réalisés par des populations préhispaniques avant les conquêtes espagnoles, généralement en papier d’amate, peau de cerf ou des fibres de la plante maguey. Il n’y avait pas de paroles, mais des symboles et des illustrations. Son contenu est variable : des croyances religieuses, des rituels et des cérémonies, de l’histoire, le système économique, la chronologie, des événements familiaux et beaucoup d’autres thèmes encore.
Le mot codex vient du terme en latin « Codex », qui signifie « livre manuscrit », et on l’utilise pour nommer ces documents pictographiques ou des images. Ceux qui élaboraient les codex étaient appelés « tlacuilos » (en langue nahuatl : « ceux qui écrivent en peignant »).
On estime qu’environ 23 codex préhispaniques ont survécu à la conquête espagnole. La majorité est à l’étranger. Les évêques espagnols jetaient au bûcher « les papiers peints par le démon ». Quelques-uns ont été envoyés à la couronne espagnole en cadeau.
Selon l’archéologue Eduardo Matos Moctezuma, 14 se trouvent à l’étranger. Le premier cas, c’est quand Cortés remet à Doña Joana et à l’empereur Carlos V sa première carte de relation, avec beaucoup d’objets qui lui avaient été offerts par Moctezuma II, parmi lesquels se trouvent deux codex.
Parmi les accords les plus importants de la visite du président français, figure le prêt pour l’exposition du Codex Azcatitlán, un bijou de l’art mésoaméricain qui constitue l’une des chroniques les plus complètes sur l’origine et sur l’expansion de la population mexicaine. Ce manuscrit, élaboré pendant la période vice-royale, raconte le pèlerinage des mexicains depuis Aztlán jusqu’à la fondation de Tenochtitlán, incluant encore des représentations sur la conquête espagnole et les premières années de la colonisation.
Actuellement, le Codex Azcatitlán se trouve sous la protection de la Bibliothèque nationale de France à Paris. Le Mexique a insisté pour sa restitution ou son prêt temporaire, dans le cadre d’une campagne visant à rapatrier des pièces emblématiques de son patrimoine culturel et à renforcer le lien historique entre les deux nations.
Il a été donné à la Bibliothèque nationale en 1898 par Augustine Goupiel, veuve du collectionneur franco-mexicain Eugène Goupiel, avec d’autres manuscrits. À condition que « cette collection devra toujours être conservée dans son intégrité à la Bibliothèque », a expliqué Marie de Lauvier, directrice des collections de l’institution.
À son tour, le Codex Boturini, également connu sous le nom de « La tira de la Peregrinación », sera prêté temporairement à la France pour son exposition dans le cadre du même accord. Ce codex illustre, avec un soin minutieux, le parcours mythique des mexicains depuis leur lieu d’origine jusqu’à l’établissement de leur grande ville, devenant une pièce essentielle pour comprendre la cosmovision et l’organisation sociale du Mexique ancien.
Le présent poème de l’auteur de cet article s’inspire du contenu du Codex Boturini, conservé à la Bibliothèque nationale d’anthropologie et d’histoire, et rend hommage aux 700 ans de la fondation de Tenochtitlán en 1325.
TENOCHTITLAN VIE !
Depuis le mythique Aztlán
« Lieu des hérons »
Le peuple Mexica est parti
En procession sacrée,
Son dieu Huitzilopochtli les a guidés.
Deux siècles se sont écoulés
Jusqu’à percevoir les majestueux volcans
Et se réjouir en assistant
à la prophétie du dieu
du Soleil et de la Guerre.
Là-bas sur un nopal
se tenait l’aigle majestueux
dévorant un serpent.
Îlot du lac de Texcoco,
La fin du pèlerinage.
Ome Calli – Année Deux Maison
sur le Teocalli la date est inscrite
où la grande Tenochtitlán est née.
Le Templo Mayor fut érigé
et il a veillé sur un grand empire.
Sept siècles plus tard
de ses racines légendaires
la Ville de México a surgi,
Et en elle est présente
La fierté, la souveraineté et l’identité
de la grande Tenochtitlán.

Washington Daniel Gorosito Pérez
Journaliste,écrivain, enseignant et sociologue.
Traduction : Marinela Nzolamesso