Créée en 2010 en Espagne, la Rencontre Multidisciplinaire sur les Peuples Autochtones (EMPI) favorise l’échange entre chercheurs, activistes et représentants autochtones pour valoriser les cultures, défendre les droits et explorer les enjeux contemporains de ces peuples.

Après plusieurs éditions européennes, Paris a accueilli la 11e édition de l’EMPI en 2024, à Sciences Po, marquant son grand retour après la pandémie.

En partenariat avec Sciences Po, l’Institut de Recherche pour la Paix de Francfort et l’Université Goethe, cette édition avait pour thème : « Réponses autochtones aux contextes de crise mondiale : décoloniser la loi, indiginéiser les méthodologies, explorer les ordres légaux, enquêter sur la justice environnementale, catégoriser les vulnérabilités »

L'EMPI : Dialogues et Perspectives Croisées sur les Peuples Autochtones

 Session de présentation de thèses

Pendant trois jours, des chercheurs du monde entier ont présenté des travaux autour de thématiques variées et croisées, telles que la justice environnementale, le pluralisme juridique, la théorie décoloniale et l’autodétermination. Chaque sujet a été exploré sous l’angle des peuples autochtones.

L’EMPI s’est déroulé en trois langues – anglais, français et espagnol – avec une équipe d’interprètes dont je faisais partie, assurant la fluidité des échanges. 

Au-delà des présentations académiques, la rencontre s’est voulue résolument plurielle et vivante en proposant conférences, débats, expositions littéraires, projections de documentaires, visite du musée de l’Immigration, cultivant ainsi une atmosphère conviviale et bienveillante.

L'EMPI : Dialogues et Perspectives Croisées sur les Peuples Autochtones

Visite du Musée de l’Immigration

Emmanuelle Vulin, participante à l’EMPI 2024, m’a confié son regard sur cette édition. 

1.    Pour commencer, peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Emmanuelle Vulin, je suis doctorante en Droit public à l’Université Lumière Lyon 2. J’effectue ma thèse sur les effets de la reconnaissance de l’autodétermination des peuples autochtones sur les modèles constitutionnels*, sous la direction de Mme la Prof. Valérie Goesel-Le Bihan et de Mme Catherine Schmitter.

*La construction schématique de l’organisation des institutions (Solange Segala et Silvano Aromatario)

L'EMPI : Dialogues et Perspectives Croisées sur les Peuples Autochtones

Emmanuelle Vullin

2.     Qu’est-ce qui t’a motivée à participer à cette édition de l’EMPI ?

L’EMPI s’inscrit dans le cadre de mes recherches doctorales, du fait de son objet, de sa transversalité ainsi que de son caractère international. Il s’agit d’un événement réputé en Droit des peuples autochtones car il réunit sur plusieurs jours des chercheu.r.se.s spécialistes et expert.e.s sur le sujet et des représentants autochtones.

Ce dernier point est assez rare et permet une grande richesse dans les échanges. Il s’agissait aussi d’une opportunité intéressante, dès lors que j’ai pu présenter une petite partie de mes résultats de recherches à un public informé, ce qui est toujours bénéfique en cours de Doctorat.

3.     Tu es doctorante en Droit public : pourrais-tu nous dire quelques mots sur le sujet de ta thèse ?

Ma thèse porte donc sur les effets de la reconnaissance de l’autodétermination des peuples autochtones sur les modèles constitutionnels. Il s’agit d’une étude de droit comparé, entre le Canada, les États-Unis, la France et la Nouvelle-Zélande.

Son objectif premier est d’analyser la modification de l’organisation étatique, les nouveaux rapports de pouvoir et systèmes de répartition des compétences qui sont induits par la mise en œuvre du droit à l’autodétermination autochtone. Le droit comparé permet ensuite de confronter ces différentes relations entre les États et les peuples autochtones, afin de dévoiler de nouvelles formes de modèles constitutionnels

 

 4.  Quel regard portes-tu sur cette édition de l’EMPI ? Qu’est-ce qui t’a particulièrement marquée ?

L’EMPI est indubitablement l’une des meilleures expériences que j’ai eu dans le cadre de mon Doctorat. D’abord parce que le Droit des peuples autochtones souffre en France d’un grand manque de reconnaissance dans la communauté des juristes et qu’il est donc rare de pouvoir participer à un événement de cette ampleur.

De plus, son caractère international m’a permis de rencontrer un grand nombre de personnes aux parcours inspirants, des individus très différents mais ayant tous la même aspiration de défendre les droits des peuples autochtones (…). L’EMPI a ouvert des ponts entre différentes personnes, différents pays et différentes postures épistémologiques qui sont autant d’éléments d’apprentissages que d’épanouissements.

Margo d'Auria

Margo d'Auria

Master de Traduction et d’Interprétation (Université Lumière Lyon II)