Rédigé par Laurent Tranier

Terrible voyage, paru en 1941, est le dernier roman de l’Argentin Roberto ARLT (1900-1942). Ce texte, étude de mœurs dans un contexte extrême, nous emporte à travers tous les registres de l’humour dans les aventures de ce jeune homme qui, fuyant le courroux de ses parents et les poursuites de la Justice, s’est embarqué sur le paquebot Blue Star en compagnie de son cousin. Alors que celui-ci multiplie les prédictions catastrophistes, l’étrange société qui partage cette croisière se trouve emportée dans de drôles d’aventures qui pourraient bien mal se terminer

Né à Buenos Aires dans une famille d’immigrants d’Europe centrale, Roberto ARLT grandit dans le quartier modeste de Flores et multiplie les petits travaux alimentaires avant de se consacrer au journalisme et à l’écriture de pièces de théâtre, de nouvelles et de romans.

Le jouet enragé (1926) inaugure le roman moderne « urbain » argentin en puisant dans le parler populaire et une réalité qu’il connaît bien. On peut citer parmi ses autres romans, Les sept fous (1929), Les Lance-flammes (1931) ou La danse du feu (1932), tous également disponibles en français. Roberto ARLT est aujourd’hui célébré comme l’un des plus grands noms de la littérature d’Amérique latine, et Gabriel García Márquez, Mario Vargas Llosa, Julio Cortázar ou Jorge Luis Borges ont tous reconnu leur dette à son égard.

Terrible voyage paraît dans la collection « Roman latino » des Editions Toute Latitude aux côtés de L’enfermement d’Ojeda de Martin MURPHY (Argentine – Prix Juan Rulfo) et d’un autre précieux inédit en français : Vers le royaume des Sciris de César VALLEJO (Pérou). Les Editions Toute Latitude ont annoncé pour octobre 2021 la parution d’un recueil d’articles féministes inédits en français de l’Argentine Alfonsina STORNI : La femme, ennemie de la femme.

Un extrait de Terrible voyage : « Un certain astrologue me dit un jour que mon signe zodiacal annonçait, entre autres accidents, de dangereux périls courus lors de voyages en mer. J’avais doucement souri, car je ne croyais pas à l’influence des astres. Si bien qu’au début de mon voyage vers Panama, je ne pensai pas un instant que m’attendaient des aventures aussi incroyables que celles qui me permettraient d’écrire cette chronique. » 

 

Laurent Tranier

Laurent Tranier